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Une équipe commerciale qui rate ses objectifs, ça se voit tout de suite dans le CRM. Une équipe qui négocie mal, beaucoup moins : les ventes se closent quand même, le chiffre d’affaires tient la route, et personne ne regarde ce qui a été laissé sur la table pour y arriver.

Voici 5 signaux qui, mis bout à bout, indiquent presque toujours un problème de négociation plutôt qu’un problème de marché ou de produit.


1. La remise moyenne grimpe sans que personne ne l’ait décidé

Personne n’a validé une nouvelle politique tarifaire. Personne n’a décidé de baisser les prix. Et pourtant, en regardant le CRM sur les 6 derniers mois, la remise moyenne accordée est passée de 8% à 14%.

C’est le signal le plus fréquent et le plus silencieux : chaque commercial accorde une petite concession supplémentaire pour sécuriser sa vente, personne ne s’en rend compte à l’échelle individuelle, et la moyenne dérive mois après mois. Le chiffre d’affaires reste bon. La marge, elle, s’érode en continu.

2. Les concessions sont accordées sans contrepartie

Le client demande 5% de remise. Le commercial l’accorde. Rien d’autre ne change : ni le volume, ni les délais de paiement, ni la durée d’engagement.

Une concession sans contrepartie envoie un signal clair à l’acheteur : il y a encore de la marge de manœuvre, et il suffit de redemander pour l’obtenir. C’est ce qu’on appelle l’escalade des demandes : plus vous donnez sans condition, plus l’autre partie continue de demander, parce que rien ne lui coûte à insister.

3. Le prix est justifié par les coûts, jamais par la valeur

Face à une objection prix, la réponse du commercial commence par « on a des coûts de production/de main d’œuvre/de matière première qui… » plutôt que par l’impact business pour le client.

Justifier un prix par ses propres coûts internes est une erreur classique : ça invite mécaniquement l’acheteur à discuter ces coûts, et ça ne dit rien de la valeur réellement créée pour lui. Un commercial qui négocie bien ramène toujours la conversation sur le ROI, jamais sur la structure de coûts de l’entreprise.

4. La négociation se joue en réaction, jamais en préparation

Avant un entretien de négociation, personne n’a formalisé d’objectif haut, d’objectif bas, ni de point de rupture. La stratégie se décide en direct, pendant l’échange, sous la pression de l’acheteur.

Sans préparation, un commercial improvise. Et un commercial qui improvise cède plus vite, parce qu’il n’a pas de limite claire à défendre. C’est l’un des points que la plupart des négociations qui échouent ont en commun : l’issue se joue avant même le premier échange, pas pendant.

5. Le silence met le commercial mal à l’aise

Après avoir annoncé un prix ou fait une contre-proposition, le commercial reprend la parole en quelques secondes pour combler le silence, souvent en faisant une concession non sollicitée.

Le silence est un outil de négociation, pas un malaise à combler. Un commercial qui ne supporte pas le silence donne du pouvoir à l’autre partie sans qu’elle ait rien demandé.


Combien de ces signaux faut-il pour agir ?

Un seul signal isolé n’est pas forcément alarmant. Deux ou trois signaux réunis, en revanche, indiquent presque toujours un problème structurel de méthode plutôt qu’un cas isolé ou un marché difficile.

La difficulté, c’est que ces signaux sont rarement visibles depuis l’intérieur : une équipe qui négocie mal depuis des années considère souvent ses propres pratiques comme la norme, parce que personne ne les a jamais comparées à autre chose.

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Questions fréquentes

Un seul de ces signaux suffit-il à s’inquiéter ?

Pas nécessairement. C’est la combinaison de plusieurs signaux, observée dans la durée, qui indique un vrai problème de méthode plutôt qu’un cas ponctuel.

Comment objectiver ces signaux sans audit externe ?

C’est possible en croisant manuellement CRM, taux de remise et retours terrain, mais le biais de proximité rend l’exercice difficile en interne : les pratiques habituelles finissent par sembler normales à ceux qui les appliquent au quotidien.

Ces signaux concernent-ils aussi les commerciaux expérimentés ?

Oui. L’ancienneté protège de l’improvisation, pas des mauvaises habitudes installées sur la durée : un commercial expérimenté peut très bien avoir normalisé la concession sans contrepartie depuis des années.